JDM : Vous êtes un grand artiste, reconnu de part tous les pays arabes et non seulement ceux du Maghreb. Quel a été votre apport vis à vis des pays arabes et de leurs problèmes ?
Cheb Khaled : Autant que chanteur de Raï, j'ai essayé d'intervenir autant que « révolutionnaire » dans le sens où j'évitais ce Raï « vulgaire » de part la nature des mots qu'on y utilise (genre "a l'ghzala"...) Nous avons grandi dans un environnement où l'on nous a appris à parler "directement" et "franchement" sans arrière tournures.
D'autre part, une fois, alors que j'étais à Paris, des islamistes sont venus me demander pourquoi ne pas chanter pour le irhab qu'il y a en Algérie ? Je leur ai répondu que je ne suis pas "poète" de ce thème, je ne saurais écrire pour parler de ce genre de problème. Et de vous à moi, je suis pas très "politicien", car pour l'être, il nous faut du soutien, être groupé pour pouvoir se manifester. Hors, je suis seul ! Et seul, je ne peux rien faire...
Une fois, lors d'une tournée, j'ai vu à la télé un vieillard en Irak entrain de pleurer. J'ai senti l'envie de passer à travers cet écran et de tendre la main à ce bonhomme et lui dire que je suis là, je suis là pour lui. Un jour, j'ai voulu chanter pour l'amour et la paix. C'est là que j'ai demandé à Jean Jacques Goldman de m'écrire des chansons sur ces thèmes, c'étaient : « Aicha » et « Le jour viendra »
JDM : Pourquoi avoir juré de ne jamais plus chanter en France ?
Cheb Khaled : Les journaux ont sortis tout un scandale à mon propos, me collant des choses que je n'ai pas faites. Des faits irréels qui n'ont jamais eu lieu. J'ai appelé ma mère pour la consoler et lui faire savoir que rien de tout cela n'était vrai. Car avant tout, je ne suis pas français, je suis algérien, et autant que tel, j'ai été élevé dans un milieu où l'on aurait honte de faire te telles choses. Je n'ai pas été éduqué ainsi.
J'ai déménagé ma famille et moi, et nous sommes allés à Luxembourg. Certains me disent que c'est un paradis fiscal, je leur dis certes, mais je paye quand même mes impôts. Et je ferai toujours mes déclarations honnêtement au pays dans lequel je vivrai
JDM : Avez-vous déjà pris des cours de musique ?
Cheb Khaled : Ma 9rite mossi9a, ma ne3ref solfège (je n'ai pas étudié la musique ni pris des cours de solfège). Pourtant je sais jouer de tous les instruments. Merci Mon Dieu.
JDM :
Votre projet artistique ?
Cheb Khaled : Ma 7ed se77a kayena ou l9odra (tant que je serais en bonne santé et j'en aurai la capacité), je continuerai.
JDM :
Vous chantez en arabe tout comme vous chantez en français, à quoi est dû ce choix ?
Cheb Khaled : J'ai fait des concerts, à leurs fins, les spectateurs venaient me féliciter. Une bonne partie venait me dire qu'ils ont adoré, mais qu'ils n'ont pas compris. Alors, j'ai voulu partager. Pour moi, il faut respecter le public, il ne faut pas être égoïste. J'ai aussi chanté en anglais, en indou, c'est cela respecter ton public. Dieu t'a donné quelque chose, il faut partager cette chose...